Se battre pour des valeurs

Célébrer un événement, c’est rappeler son message, c’est rendre présentes les valeurs qu’il porte, c’est les défendre contre ceux qui les refusent.

Le 21 février 2024, Missak et Mélinée Manouchian entraient au Panthéon.

Deux ans après , le Mouvement Missak Manouchian honorera   cet événement historique, comme il s’y est engagé l’an dernier.

Le message est simple : les valeurs pour lesquelles  les héros de l’Affiche Rouge ont donné leur vie sont toujours aussi essentielles, elles sont toujours aussi en danger.

Dans une société en recherche de boussole, Missak Manouchian, Arménien apatride, mort pour la liberté de la France, rappelle que l’identité française ne tient pas aux origines ethniques des citoyens que nous sommes, car les fusillés de l’Affiche Rouge étaient tous des étrangers.

Cette identité ne tient pas non plus à la religion, car tous, issus de traditions apostolique, catholique ou juive, étaient athées.

Cette identité ne tient pas non plus à la maîtrise parfaite d’une langue ou d’une culture, car chacun d’eux était universaliste. Leur combat et leur sacrifice ne démontraient qu’une seule vérité : on est Français par ce qu’on apporte à la France autant que dans ce que le France nous apporte. On est Français parce qu’on défend les valeurs qui ont fondé la France, c’est-à-dire la liberté des citoyens, l’égalité des femmes et des hommes et la fraternité entre tous.

Français par le sacrifice, Arménien par le sang, Missak Manouchian apporte aussi un message à l’Arménie et aux Arméniens.

Dans son ultime lettre à Mélinée son épouse, Missak écrivait « Je meurs sans haine pour le peuple allemand. » En Arménie, à l’heure où le spectre d’une nouvelle guerre s’éloigne et où s’approche une possible ère de paix, la lettre du héros de l’Affiche Rouge nous rappelle que la guerre entre les Etats ne doit pas entraîner la haine entre les peuples et que les tragédies passées doivent finir par des fraternités futures.

Sa lettre porte un message de fraternité et de paix, une paix qui seule peut garantir l’existence de l’Arménie et sa pérennité. Commémorer la mémoire de Manouchian, c’est se souvenir des morts pour rendre la paix aux vivants.

Mais les périodes de paix dans ce Proche-Orient imprévisible sont souvent des intermèdes entre deux conflits. Enclavée dans un espace géopolitique en perpétuelle turbulence, l’Arménie vit une paix précaire, son existence reste toujours aussi fragile. Aussi ceux qui veulent la paix et la sécurité de l’Arménie ont-ils un devoir permanent de vigilance, en particulier le devoir d’améliorer ses capacités matérielles de défense et l’efficacité de son armée, seules garantes de sa survie et de sa souveraineté.

La paix en Arménie n’est pas donnée, elle se gagne. De nombreuses hypothèques pèsent encore sur cette paix incertaine. L’Azerbaïdjan se refuse encore à signer un traité qui acterait la fin du conflit entre lui et l’Arménie. Des prisonniers politiques sont encore illégalement retenus dans les geôles azéries au terme de parodies de procès. Les réfugiés artsakhiotes  ne bénéficient encore d’aucun droit au retour, en dépit des lois internationales.

Si la guerre a cessé, l’état de paix n’a pas encore commencé. C’est pourquoi Le Mouvement Missak Manouchian s’est donné pour objectif de participer activement à la sécurité de l’Arménie, laquelle est indispensable à la stabilité de la région.

Aujourd’hui, commémorer l’entrée de Manouchian au Panthéon le jour de son sacrifice, c’est montrer et démontrer que ses valeurs sont des valeurs de cohésion sociale dans les pays en paix, mais aussi des valeurs de paix et de fraternité dans les régions en guerre.

Deux ans après, la figure de Manouchian ne doit pas seulement être honorée. Elle  doit être incarnée.

À nous de faire vivre cet héritage. À nous de tenir la boussole.

À nous de relier la mémoire et l’avenir